Lettre ouverte à l’Ariana d’aujourd’hui, Par Sylvain Benattar

“”une lettre de Sylvain Benattar ,rencontrée par hasard sur le net…Sylvain fut un ami d’ enfance et de jeunesse
nous habitions a moins de cent mètres l’ un de l’ autre…sa famille avait dédié une partie de sa belle maison et du jardin a une Synagoque qui fut notre “paroisse” pendant des années
si j’ ai demandé a “Terre Promise” de mettre cette lettre touchante et émouvante, c’est pour que ceux qui viennent nus casser les C ….puissent un peu comprendre comment nous avons été chassés comme des moins que rien d’ un village ou nos pères et grands pères sont nés

et pour qu’on arrête de me gonffler avec les Palos…
les Arianais alors ?? tous les Tunisiens musulmans s’ en tapent…
comme je m’ en tapperais le jour ou les actiuels habitants de loa Judée Samarie seront expulsés de l’ autre coté du Jourdain …voire plus !!
on a toujours pris le droit de virer des Juifs
il est temps que des Juifs se comportent normalement a leur tour en virant ceux qui nous ont virés
je remercie Sylvain pour cette véritable Elégie
je ne sais pas si il entendra parler de ce post …et je lui offrre un énorme granite chez Hamadi Bouchoucha …
accompagné d’ un cornet de pois chiches grillés ,tout chauds de chez son voisin , ce brave homme de Hédi el Hammasse

que ceux qui n’ ont jamais connu la souffrance que décrit Sylvain me jettent la deuxième pierre!!”"

Adieu l’Ariana de mon enfance

 

 

J’ai en effet vu tes  récents « portraits » qu’un ami musulman nous a envoyés ; je fus très attristé de te retrouver après tant d’années dans cet état de vétusté. Oui j’ai ressenti de la peine et surtout une grande déception de revoir ainsi nos anciens quartiers, nos maisons et nos ruelles de notre enfance dans cette affligeante situation d’abandon et de délabrement !

Mais enfin que s’est-il passé pour te laisser aller comme ça ! Je te parle en ami malgré ces cinquante années si vite écoulées qui paraissent si proches.

Quand je pense que c’est toi là bas, chère petite Ariana, je t’interpelle avec affection, qui nous a vus naitre et grandir, où nous avions été si heureux de vivre chez toi et avec toi nos belles et jeunes années, qui est la plus à plaindre. Nous étions persuadés que tu resterais inchangée malgré le temps car nous avions gardé de toi les meilleures  images du passé 

Nous pensions que toutes ces années n’altéreraient en rien ni ta beauté ni ton charme et voila que soudainement, nous arrivent ces inattendues photos prises peut être à ton insu qui nous dévoilent ton visage complètement transformé. Nous te retrouvons malheureuse comme une femme abandonnée, et moi j’en ressens franchement, je peux te le dire une grande peine de te voir comme ça si triste et misérable. Comme si tu voulais nous implorer pour que l’on vienne te consoler ; mais aujourd’hui comment pouvoir te consoler ? Et qui peut le faire ?

Avant notre départ nous restions bercés par nos illusions que rien ne pouvait nous désunir, que la vie était belle et que cela pouvait durer éternellement. Ensuite vint le temps où nous pressentions que cette échéance devait se produire car l’Histoire l’avait programmée, provoquant l’inéluctable et fatale séparation. A qui la faute ? Nous nous trouvions à l’intersection de deux destins dont le notre s’est joué d’avance. Tout est arrivé très vite. Une réception officielle fastueuse dans un palais. Un grand et beau discours, un retour et des retrouvailles triomphales et un centenaire de relations protectionnistes qui s’achève. Nous fûmes happés par les événements et comme prévu, il y a ceux qui sont restés légitimés par un « droit » exclusif  et ceux qui devaient  partir. Nos ancêtres ont connu jadis des situations analogues infiniment plus tragiques, mais pour nous l’idée de te quitter si vite fut douloureuse et incompréhensible. Le jour de notre séparation arriva conformément à la volonté de ceux qui l’ont souhaité en sachant qu’elle nous infligerait fatalement à tous les deux de grandes inquiétudes et beaucoup de peine. Nous pensions à tort faire partie de la famille pour toujours car après tout, tu dois t’en souvenir, nous avions tellement contribué à te rendre heureuse et puis soudain tout a basculé.

Or, nous le savions et tu le savais  autant que nous, que notre départ précipité n’était par un au revoir mais un Adieu. Celui-ci fut imposé et annoncé comme une sanction, brisant  à tout jamais l’espoir de continuer à vivre ensemble.

Toi tu demeuras prostrée, interrogative en voyant le feu s’éteindre lentement autour de toi sans réagir. Tu  assistas incrédule et mélancolique à nos départs ininterrompus qui te dépouillaient tous les jours un peu plus et qui nous propulsaient par vagues successives vers d’autres terres inconnues plus accueillantes, plus prometteuses et assurément plus généreuses.

Nos « vieux » n’ont rien compris. Ballotés par des contingences qui les submergèrent, ils sont partis angoissés et humiliés, eux qui avaient bâti toute leur vie, la seule qu’ils aient connue avec toi et autour de toi. Ils sont partis ailleurs, incompris, malmenés, parfois dans le dénuement car beaucoup ont tout perdu. Ils se sont forcer de conserver leur bonne humeur en te quittant en restant fidèles à tous leurs souvenirs jusqu’au bout. Ils ont maintenu au plus profond de leurs êtres toutes leurs habitudes du passé, leurs langages et leurs accents. En avaient-ils d’autres ? Ils sont morts loin de leurs maisons, de leurs commerces et leurs cimetières, loin de tout ce qui fut leur raison de vivre, le bonheur d’avoir partagé leur vie avec toi.

Quant à nous qui t’avions connue dans notre jeunesse heureusement moins angoissée mais soucieuse de son avenir, la transition s’est faite plus facilement mais avec un picotement au cœur qui n’a pas tout à fait disparu. C’est pourquoi nous assistons encore aujourd’hui avec émotion et moins de candeur au déroulement ininterrompu de nos souvenirs ; comme un film que l’on projette en continu, toutes les images du passé nous rattrapent  et s’agrippent à notre existence. Tu surgis sans cesse à chaque occasion telle que  nous t’avions connue, toujours aussi colorée et fleurie, exubérante et joyeuse en t’imaginant impatiente de nous retrouver comme si rien n’avait changé alors que tout avait changé.

Pour nous chère Ariana le temps a fait son œuvre ; nous avions évolué, grandi, bâti nos existences avec acharnement. Nous t’avions classée dans un dossier confidentiel mais comme il y avait urgence et que nous étions avant tout pétris d’ambition, motivés par des projets et des défis d’avenir dans ces pays ouverts, libres et prospères, nous te consultions de temps en temps pour se donner du courage.

Au-delà des aspirations et des choix divers, nous avions rencontré des peuples différents qui nous ont accueillis avec curiosité, suspicion mais aussi il faut le dire beaucoup de tolérance. Nous nous sommes enrichis à leurs contacts, imprégnés de leurs cultures abondantes et multiples que nous avions reçues gratuitement nous permettant d’atteindre des perspectives insoupçonnées et prometteuses. Aujourd’hui, cinq décennies plus tard  nous atteignons le terme de notre voyage, satisfaits du chemin parcouru en laissant derrière nous une descendance qui nous voit vieillir, interrogeant notre passé comme pour se rassurer de son avenir. Certes nous vieillissons, assouvis du résultat accompli mais avec toujours au fond de nous des petits regrets indicibles et beaucoup de nostalgie . Oui ce sont toujours les mêmes images de notre enfance qui réapparaissent et c’est toi qui les agites en permanence. Tu les fais revivre parce que tu veux que l’on se souvienne de toi à chaque instant de notre vie. Que l’on retrouve notre jeunesse joyeuse et exaltée, docile et ambitieuse, sportive et turbulente dans le respect des traditions. Elles sont restées gravées et le temps n’a jamais pu colmater une fissure encore présente qui frémit périodiquement pour nous rappeler que tout cela avait existé.

 

Alors, une fois par an ceux qui  ne veulent pas t’oublier se réunissent pour te fêter !

Ils arrivent de partout même de très loin pour participer aux réjouissances. Tout le monde est heureux de se retrouver autour de toi et tu trônes au cœur de toutes les discussions. Le prétexte est tout trouvé pour manger les mêmes spécialités en se souvenant des mêmes histoires mille fois répétées , en dansant au rythme des mêmes musiques et en chantant les mêmes chansons. En fait rien à changé sauf que cela se passe à Paris en ton absence  alors chacun se remémore tous les détails de ton charme passé et chacun comme d’habitude s’évertue à te décrire le mieux. C’est la compétition et  tous les souvenirs sont étalés dans le désordre et chacun jure qu’il ne t’a pas oubliée. Bref  tu redeviens comme par enchantement le plus beau village du monde ; 

Eh oui, tu vois malgré le temps qui passe, tu  continues de nous hanter. Notre ami musulman a du le ressentir. Nous sommes restés où que nous soyons à travers le monde, orphelins de nos maisons, de nos ruelles, de cet insignifiant carrefour dit dangereux, ce mythique et mystérieux puits dont on disait que son eau jaillissait d’une source miraculeuse. Allez savoir ! A l’angle de ton célèbre boulevard, le cœur de toutes nos animations et nos agitations, rayonnait l’inaltérable et légendaire Café qui glorifiait le nom de son patron sacralisé comme une « icône » et un peu plus loin, à l’approche de ton Marché, en frôlant la façade de la mosquée, l’inoubliable Tram tout blanc qui se tortillait en entamant son Tournant pour disparaitre en grinçant et en faisant tinter sa clochette.

Tout cela nous l’avions décrit en détail dans un recueil qui porte ton nom. Il relate la fraternité séculaire, les personnalités chaleureuses qui ont façonné nos éducations entremêlées figeant nos souvenirs. Des récits pleins de tendresse  ont été écrits pour te congratuler, des poèmes et des chansons pour ne pas t’oublier.  Des magasins et des restaurants portent ton nom.  Enfin tu devins, modernité oblige, la Marraine associative de tous tes amis qui te regardent, te consultent, et te commente partout dans le monde.

Nous t’avions même surnommée la « Petite Jérusalem » 

Et puis soudain nos illusions se sont estompées à la vue de ces quelques clichés. Éloignée de nous tu t’es complètement transformée. Tu es devenue presque méconnaissable. Ce que nous connaissions de toi a disparu. Tu n’es plus celle que nous chérissions jadis

Ces longues années d’absence nous ont fait croire que tu étais restée aussi fraiche qu’avant. Les photos que l’ami Musulman nous a envoyées ont interrompu le mythe ! Elles exposent devant nos yeux une vérité amère et notre album de souvenirs si bien entretenu se referme tristement. Cette situation qui l’a voulue ? Ta constante dégradation a  t’elle  été programmée pour te punir et aussi nous punir d’avoir vécu ensemble en chaleureuse complicité dans le passé

Comme si l’on  voulait t’avilir pour assouvir une quelconque vengeance en effaçant les dernières traces de notre existence. Comme si l’on te forçait d’oublier un passé où tu fus heureuse jadis avec nous et te laissait mourir comme une être abandonné qui emporte ses ultimes souvenirs dans l’indifférence générale

Voila, maintenant que notre histoire se termine,  je pense encore à ma maison qui m’a vu naître ; à son immense patio qui débouchait sur le jardin ; L’amandier majestueux, les bananiers et le cognassier qui jouxtait la synagogue, le citronnier, l’oranger et le grenadier.

Je continue de croire qu’elle existe toujours, spacieuse et immuable, avec le vieil harmonium rescapé d’une époque révolue qui agonisait à coté de la grande cheminée de marbre blanc, de l’immense miroir bordé de dorure qui montait  jusqu’au plafond et de la grande tapisserie murale de soie où le cerf haletant gisait dans une mare et attendait la mort certaine, encerclé par la meute rugissante. Tout cela, je continue de croire qu’il n’est pas le fruit de mon imagination 

Cinquante ans plus tard, un ami musulman, peut être le dernier, épris d’une compassion ait voulu  à sa façon témoigner que tout cela a réellement existé. A-t-il voulu pérenniser les dernières empreintes d’un vieux décor voué à disparaitre 

Ceux qui nous ont succédés dans ce qui subsiste encore, ne peuvent pas ignorer totalement notre héritage malgré les sévices du temps. Ils pourront s’ils le veulent encore pouvoir remémorer notre présence, entendre à travers tes murs nos chants et nos prières et apercevoir nos visages et se souvenir de nos noms

Si personne ne voudra attester que nous avions vécu ici avec leurs parents dans les mêmes quartiers où nous avions participé aux mêmes réjouissances, éprouvé les mêmes joies et ressenti les mêmes peines, alors viendra le temps où toi petit village pourra témoigner grâce à tous ceux qui t’aideront pour le faire que tout cela a vraiment existé.

Sylvain Benattar

 

MERCI à Yéhoudi 

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15 Responses to Lettre ouverte à l’Ariana d’aujourd’hui, Par Sylvain Benattar

  1. affreusement triste,j’en ai les larmes aux yeux,ca me rappelle notre depart d’Alger a 4h du matin,un 3 fevrier 62,et meme si nous ne laissions pas grand chose derriere nous,je peux comprendre cette infinie tristesse et la terrible nostalgie qui s’y rattache.merci.
    je suppose que le chapitre ecrit en violet est de Yehoudi.lui dire que nous sommes parfaitement d’accord.

      Réponse incluant le commentaire précédent  REPONSE SIMPLE

  2. Guido Haddad

    Voila, mon cher Claude tu m’ as enfin confirmé, mon refus depuis ces nombreuses années pourquoi je me suis refusé de retourner en pelerinage, a l’ariana de mon enfance, qui était pour moi en fait pas grand chose, mais tellement ENOOOOOORME….en vrac le café Chadli, en face duquel j’habitais, Impasse du Carrefour, le stade au fond de mon impasse, avec les championnat de Volley-ball, avec Victor Luscia, le terrain Bessis, l’école des garçons, la syna de Rabbi Braitou sur le boulevard des mutilés, , le Kouttab Kisraoui, et mon pôte de la famille Kattan, le policier Parienti, Ninette la Folle, la route Jaffar avec la boulangerie Memmi, les bricks a l’oeuf, que l’on m’offrait quand j’avais bien lu la Aftara, le chauffeur de Taxi Spinosa, mon chanteur et joueur de OUD préféré, Bichi Slama mon voisin direct, avec sa belle famine, Arlette, Néné, David, Simon et Fanfan…..les Nizard les Memmi, lesNicoles Hayat et les Sitruck ,,,,,voila Mon ARIANA….alors soit gentil claude Laisse moi avec mes souvenirs PUUUUUUUURS…….ah oui j”oubliais, le Saf Saf avec les films Cow boys, avec Menana le petit vieux, et le SHIih ( balaise ) qui arrivait toujoursd a la derniere minute …….voila Claude Hag Sameah ….ah oui Kakino Depaz qui habitait juste en face de moi et je me souviens encore dans ma jeunesse et en l’absence de ses enfants il m’appelait pour regler le son de ses gros hauts parleurs……. Voila dis moi dans quel Carrefour je peux acheter de tels souvenirs extraaaaaaaaa

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  3. “le chauffeur de Taxi Spinosa”

    et surtout sa fille la ravissante Michou :lol:

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  4. suzy
    affreusement triste,j’en ai les larmes aux yeux,ca me rappelle notre depart d’Alger a 4h du matin,un 3 fevrier 62,et meme si nous ne laissions pas grand chose derriere nous,je peux comprendre cette infinie tristesse et la terrible nostalgie qui s’y rattache.merci.
    je suppose que le chapitre ecrit en violet est de Yehoudi.lui dire que nous sommes parfaitement d’accord.

    oui Suzy
    c’est de moi bien sur…

    et quand tu vois sur ces photos l’ état de déliquescence de ce village qui était d’ une telle coquetterie , si bien entretenu, les façades des maisons (juives) qui étaient repeintes a chaque Pessah…a la chaux et fenêtres en bleu
    la “rachacha” véhicule arroseur municipal asino-tracté qui parcourait les rues pour fixer la poussière en été…

    ces images représentent bien l’ immobilisme inhérent a ce peuple et son je m’en foutisme ,qui a cru bon de nous chasser alors que nous étions sa chance de s’ en sortir aprés l’indépendance

    hé bien…qu’ils ns’ en accomodent…

    dois je préciser que la plupart de ces maisons devenues vétustes et dégueu aprés 50 ans de non-entretien appartenait a des Juifs a 90% ?? c’ est là le centre ville ancien …
    et que celà a été volé comme tout ce qui appartenait aux juifs??Maisons, appartements,vergers,terrains,commerces,comptes bancaires,meubles ..tout !!

    virés avec une ou deux valoches et 10 Balles

    vivement que ce soit le tour des squatters de Judée-Samarie …je mettrais bien un petit million d’ euros pour récupérer une vaste maison Arabe, avec de hauts plafonds,plusieurs pièces,des murs en pierre de taille, une terrasse, une cour avec quelques orangers ,un figuier, une treille et un olivier….rien de plus, vu qu’il faudra leur laisser embarquer leurs meubles
    on n’ est pas des sauvages nous …

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  5. Guido

    “et mon pôte de la famille Kattan..”

    tu veux dire Rémy …alias Miro Cattan ,qui habitait juste en face du Kouttab

    qui est décédé il y a quelques années

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  6. C’est pas assez Yéhoudi.
    J’ai besoin de ta mémoire car je ne connais pas la ville qui a vu naître ma mère.
    D’autres souvenirs ? Des petites histoires à raconter ?
    Allez…Ne te fais pas prier, moi je suis preneuse.
    C’était qui Ninette la folle ? hein ?

      Réponse incluant le commentaire précédent  REPONSE SIMPLE

  7. j’ ai oublié de préciser que contrairement aux “rapatriés” d’ Algérie,tous de nationalité Française, nous Juifs chassés de Tunisie, nous étions de nationalité Tunisienne a 98%
    quelques Français parmi eux (remerciement de la France pour leur participation a la WW1) et parfois un insolite juif Britannique (originaire de Malte) sans oublier le plus curieux un Juif Palestinien , cordonnier de son état, Roger Slama …

    ainsi ces salopards ont viré sans le moindre état d’ âme des gens (environ 100.000) qui avaient la même nationalité
    dans le silence et sans aucune protestation des “Nations”

    et c’est pourquoi je suis certain qu’il faut virer d’ Israel des centaines de milliers d’ Arabes Israéliens
    seuls gardables, ceux qui seront reconnus comme authentiques patriotes donc nationaux
    et il est INSUPORTABLE de continuer a parler de villes Arabes dans un pays Juif,telles el Jazirate el Zarga ou la vénéneuse Oum el Fahm ou Sahnine
    avoir laissé subsister ce concept fut criminel de la part des gouvernements Israéliens

    esszayez d’ imaginer des villes ” Juives” au Maroc ou en Egypte…sans parler de la sinistre Mecque qui est interdite a tout non-musulman…comme ça…tout normalement….
    pendant de l’ affaire: virer a coups de pompe au cul tout Musulman entrant a Rome ou a Jérusalem…

    ce sont ces scandaleux “privilèges” qu’il va falloir casser
    il ne peut pas y avoir deux religions a influence égale dans le même pays
    ou alors en quantité infinitésimale et bien le rappeler a la minorité par des exactions “spontanées” d’ extrémistes “fous” “faible d’ esprit” comme on nous le rappelle chaque fois qu’un juif est assassiné a Tunis

      Réponse incluant le commentaire précédent  REPONSE SIMPLE

  8. Nina
    C’est pas assez Yéhoudi.
    J’ai besoin de ta mémoire car je ne connais pas la ville qui a vu naître ma mère.
    D’autres souvenirs ? Des petites histoires à raconter ?
    Allez…Ne te fais pas prier, moi je suis preneuse.
    C’était qui Ninette la folle ? hein ?

    Salut ma Poulette

    j’ en ai plein la besace de ces souvenirs, mais la pudeur me les fait réserver a raconter de vive voix
    je me souviens encore de la maison ou est née ta mère , elle était en plein village ,sur un terrain ou il y avait le marché, (sans comestibles) du Jeudi (souk el khmiss) et quasi mitoyenne du café d’ un monsieur Greyba hamouda …qui laissait allègrement déborder ses tables sur le terrain le soir,ou l’ on consommait les boissons seules autorisées par l’ Islam (la tolérance tant réclamée aujourd’hui étant alors inconnue)
    Ninette était une demeurée, particulièrement méchante et hargneuse qui lorsqu’ elle te prenait a partie débitait en gueulant tous les secrets de ta famille, cette pauvre créature avait un disque dur et savait tout des turpitudes familiales…elle trainait un vieux manteau vert fonçé et un sac vernis noir
    dés que son regard s’ attardait sur toi,tu pouvais être sur qu’elle allait ouvrir le feu..un peu comme l’ ordi qui démarre
    on avait encore deus “idiots du villages” simplets que la sagesse avait tellement gatés qu’ils en étaient trés atteint
    les deux se nommaient Fradji …Fredj en arabe (tu parle de Fredj…ce mot signifiant :amélioration de la santé..genre quand tu visites un malade le souhait et de lui dire “Bel Fredj”
    le premier avaient des ciseaux en sautoir autour du cou et il passait sa vie a découper du papier,des cartons …sans oublier de priser la Neffa (de Nif : le nez…..tabas en poutre vendu en petites boites métaliques rondes, marque “Nejma” -l’ étoile- )
    le deuxième, gros,lent,imbécile totalement crétinisé auquel les gosses de toutes origines faisaient les gracieusetés que tu imagine pour le voir chialer
    j’ ai fait comme eux…y a pas pire méchanceté que celles des gosses de villages campagnards…c’est même “naturel”

    je t’ en raconterais plus de vive voix
    Ton grand Père maternel était un personnage éminent de tout ce petit monde a la Mangeclous :lol:
    le

      Réponse incluant le commentaire précédent  REPONSE SIMPLE

  9. Oh non ! Raconte bon sang !
    Qui était mon grand-père maternel ? Je ne sais rien de lui. Tout ce que j’ai appris est la grande histoire d’amour entre ma grand-mère et Choua France.
    Ils se sont enfuis en calèche à la faveur d’un enterrement et ont forcé un rabbin pour les marier tout de suite. Amour fou fou comme dans les grands films hollyoodiens.*

    Mais mon grand-père nada, rien, que dalle…Ziva raconte !

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  10. Tiens, je ne connais pas ta Tunisie mais j’en ai tellement entendu parler que évidemment j’ai des histoires maintes fois contées et qui me faisaient tordre de rire.

    Par exemple les “surnoms”.

    Si par malheur tu avais une particularité physique, tu te trimballais ton nouveau nom jusqu’à la fin de ta vie.

    Après l’Ariana, ma grand-mère et son mari sont partis à la Goulette. Il y avait des gens comme Kiki Boulahraba = Kiki le baveux.

    De Jacob, il devenait Kiki puis si un jour il avait eu le malheur d’éternuer trop fort et que sa morve avait coulé, il devenait le baveux A VIE !!!!

    T’avais Kiki (pareil ex-Jacob) Tebarkallah = Kiki-que-D.ieu-nous-en-préserve, parce qu’il ponctuait toutes ses phrases par Tebarkallah.

    Y a eu la suite des JOUIJA = Juliette ou Julie

    Jouija teuteuf = Juliette mitraillette ; débit de parole comme une mitraillette
    Jouija glaÏces = Juliette grande comme une armoire à glaces.

    Cocasses les surnoms. Mais le pire c’est que plus personne ne connaissait le véritable nom d’origine de ces gens. “Vas me chercher du sucre chez Kiki le baveux !”.

    Même après le retour en France, les surnoms étaient de rigueur pour reconnaître qui était qui.

    La famille Boucheta : “famille 6 doigts”, car ils avaient tous une excroissance qui pouvait ressembler à un sixième doigt.

    Le pire, c’est que lorsqu’ils se présentaient tous ces gens là, pour mieux se faire reconnaître, ils utilisaient leurs surnoms. C’était comme qui dirait un second baptême.

      Réponse incluant le commentaire précédent  REPONSE SIMPLE

  11. te parler de ton grand père qui était déjà bien agé quand je l’ ai connu n’ est pas de mise en public
    je me rappelle de lui , ce brave Choua dans sa jellaba blanche en soie qu’il arborait le vendredi soir…en faisant la “rambla” de notre boulevard …fort bel homme, moustache a la 14/18
    copain comme cochon casher avec le père de ma mère
    ils avaient le même job comme je te l’ ai dit…et partageaient une écurie, sise juste en face de chez moi,ou ils abritaient leurs nombreux chevaux
    ton grand père était un peu bourrelier et le mien peintre en carrosseries
    ils mettaient en commun leurs deux spécialités pour ne pas créer de dépenses supplémentaires a leur parc hippomobile

    l’ enlèvement de ta Grand mère, qui n’ en n’ a pas entendu parler au village ??
    j’ était un môme quand l’ histoire me fut contée (elle s’ est déroulée bien avant ma naissance…)
    mais ça relève aujourd’ hui pour nous de la tragédie antique…mieux terminée puisque ta mère, je crois fut le couronnement de cette “Caroutzélla”

    la Caroutzella, trés en honneur au village est ,je crois, d’ origine Sicilienne
    d’abord tu remarqueras que dans ce mot, il y a “Caroussa” carosse,calèche,

    ça consistait a enlever la bien aimée en Calèche au nez et a la barbe de sa famille
    les amoureux disparaissaient ainsi et dans la majorité des cas l’ enlevée allait passer la nuit, seule bien sur, chez une copine dont les parents avaient été circonvenus
    le gars lui allait se planquer dans les collines du Jebal Lahmar, il dételait son coursier, se faisait a bouffer et s’ allumait un p’tit feu sous un caroubier , plus pour signaler sa position a un pote qui venait le rejoindre que pour se réchauffer

    le lendemain aprés un simulacre de recherche, la fille était retrouvée zaama en larmes
    elle rentrait chez elle
    mais ….pour tout le monde…va savoir ce qui s’ était passé pendant la nuit…alors l’ honneur, la terreur du qu’en dira-t-on ,la pétoche de figurer sur le disque dur de Ninette la folle…

    les parents réticents faisaient bon coeur contre mauvaise fortune…on s’ arrangeait a travers la Samssara dont hélas j’ ai oublié le nom (la Marieuse du village) tant pour les cadeaux que pour les dots ,la fête,le domicile ….
    et environ 10 mois plus tard une naissance venait clore le chapitre de la Caroutzella

    c’est mignon tout ça…

      Réponse incluant le commentaire précédent  REPONSE SIMPLE

  12. Aaaahhh …

    les surnoms- sobriquets ….
    trés respectable spécialité arianaise

    ouvre bien tes oreilles je vais faire appel a ma mémoire…

    honneur aux femme

    Bahla el Qabla :
    la receveuse (d’ enfants, la sage femme,grand mère de Jaky Adda)

    ne pas confondre :lol:

    avec

    Bahla el Kbakbiya qui n’ hésitait pas a prendre ses kab-kab (sabots) pour te taper dessus

    Josué ……….Choua France (tiens !!) qui était le plus ardent défenseur de la France dans toutes ses discussions ce qui lui valut ce surnom

    Nessim …surnommé el Bahri(le marin) une fois qu’il était tombé a l’ eau d’ une barque a la goulette

    ne pas cofondre avec

    Nessim …el Madani, (le citadin) parce qu’il rêvait d’ habiter a la ville et quitter nos collines qui lui filaient le bourdon ..

    ni avec

    Nessim;;; el ahnaiyèche (le petit serpent, maigre et trés souple)

    Mily Hachoua….grosse feignasse qui ne voulait jamais cuisiner et nourrissait sa famille de Hachoua , bouillie de semoule a la tomate,ail et harissa

    Mily el Qssira …pour ne pas confondre avec la précédente (je epnse que Mily c’était une imitation de Emilie)…elle était petite et grosse et laide, mais tellement gentille que je n’ ai jamais oublié son visage

    et notre voisine la femme de l’ horloger Fitoussi qu’on appelait Mily l’ aroussa (la mariée), des années aprés son mariage toujoursn pour faire la différence

    une autre Mily surnommée Engliza (l’ anglaise) car elle avait cheveux blonds et yeux bleus…

    Pour rompre la monotonie, n’ oublions surtout pas

    Ramdane el Fartasse (le chauve teigneux) troisième idiot du village mais Musulman..toujours serviable ,mais se faire porter ses courses par un mec qui,le malheureux ,se grattait ses plaques de teigne en permanence ….ma mère lui faisait parfois un casse-croute

    un type un peu simplet qu’on ne connaissait que sous le nom de “Mignon Corbillard ” et dont j’ ai oublié le vrai nom!! qui portait en permanence un crêpe noir de Deuil au revers de sa veste ..J’ai longtemps cru que c’était sa vraie identité et ce surnom faisait de lui a mes yeux un “vrai Français”

    il y avait cette femme qui se balançait tout le temps sur sa chaise et qui y avait gagné le surnom de ” Jerdiha (balançoire)

    Léon le père de notre ami Simon surnommé Karmoussa des années aprés qu’il ait volé des carmousses (figues) pour avoir valu a ses parents une contravention a ses parents

    Jacob Sfez, dit “Kiki ça fait rien” ces mots étant un leit motiv dans sa bouche

    Sion Abitbol , pareil surnommé ” ce fut un temps ” a cause de l’ abus qu’il faisait ce cette locution

    Maguy Taxi ainsi surnommée par les jaloux , jolie fille qui avait la cuisse légère et qu’on avait ainsi surnommée parce que soi-disant tout le monde pouvait y monter …

    Josué dit el Attrache…Choua lattrache qui s’ invitait a toutes les fêtes,mariages,enterrements,brit, etc etc et se gobergeait a toutes les tables…le Sourd (el attrache) car il faisait semblant de ne rien entendre

    le chamash de la synagogue , petit, hargneux,méchant …surnommé Laquirèbe (le petit scorpion)n j’ étais aussi convaincu que c’était un nom de famille

    le père de Jojo Haddad, dit “Bou-rkayèbe’ l’ homme aux genoux parce qu’il ne renvoyait le ballon au foot qu’ avec ses genoux…

    Bokara ou Klibtou …un nommé Boccara qui avait un petit chien qui le suivait partout (klibtou=son petit clebs)
    Rebbi eleazar el baoula (le trés vieux rabbin éléazar ,père de Lala Toubou (Yadan) qui souffrait d’ incontinence urinaire et qui a plus de 90 ans s’ arretait pour uriner dans son sarouèle en pleine rue…seul le respect qu’inspirait le titre de Rebbe, nous empechait a 10 ans de lui lancer des pierres

    les gosses sont naturellement méchants envers tout ce qui est différent dans l’ altérité
    et je n’ ai pas failli a cette règle ,courante dans le monde entier

    Voilà ma poulette… je te bises et j’ arrête

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  13. J’adooorrrreeeee ! Je pourrais te lire des heures ! C’est trop drôle !

    Petite note triste cependant.

    Après cette grande histoire d’amour, ma grand-mère a connu le bonheur mais de courte durée. Le temps de faire 3 enfants à sa chérie, mon grand-père est mort alors qu’il n’avait que 27 ans.

    Encore une suite rocambesque.

    C’était un homme au sang chaud mon grand-père. Il avait horreur qu’on s’en prenne à des faibles et encore moins à des femmes.

    Or, un vendredi matin, au marché, une rixe commença avec les arabes du coin. Certains s’en sont pris à des jeunes filles juives au point de vouloir en violer une.

    Mon grand-père, grand couteau à pastèque dans la main a rappliqué tout de suite pour la sauver et a tranché net le bras d’un des violeurs.

    La fille s’est enfuie rapidement et mon grand-père en fit autant en réalisant qu’il risquait gros.

    J’ai eu quelques détails et il s’est enfui de terrasses en terrasses pour se planquer finalement chez un notable.

    Ma grand-mère a utilisé ses relations genre juifs riches et bien introduits. Mon grand-père s’est donc rendu en ayant l’espoir que les excellents avocats le feraient vite libérer.
    Or, le temps que tout ceci se mette en place et qu’on le fasse sortir de cette terrible prison où il attendait, il attrapa une maladie pulmonaire.

    Il sortit certes mais pour mourir peu après. Drame familial et amoureux. Ma grand-mère eut du mal à s’en remettre même si elle n’a pas vraiment eu le temps de s’apitoyer sur son sort avec deux enfants et un autre à naître.

    Au fait Yéhoudi : j’adore le mot “bichi cloufi” ! :)

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  14. hors sujet .. source Armée de Défense d’Israël
    11 ans depuis le tir de la première roquette depuis Gaza sur Israël

    11 ans – 12 764 missiles tirés sur Israël. Ce chiffre fait froid dans le dos. Pourtant, c’est la stricte réalité. Retour sur 11 ans de terreur aveugle.

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  15. ““bichi cloufi”

    Nina, je ne connais pas ce sobriquet

    ça doit avoir été donné a un quelconque Bichi qui se mêlait un peu trop des affaires des autres ?? comme on dit en Arabe a propos d’une mouche du coche que c’est un

    Hadj Klouf

    difficile a traduire Klouf ….je crois que le mot en Français n’ existe pas

    on emploie en Arabe le verbe

    Ytkélèfe

    qui veut dire : il se mêle de ce qui ne le regarde pas

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